Lettres ouvertes aux Sad Puppies

Cher Puppies,

Je suis Français. En France dans les années 70, un groupe de fans d’extrême gauche a commis un véritable coup de force pour se faire entendre. Ce groupe pourtant minoritaire a réussi à placer des éditeurs dans les revues ou même dans certaines maisons d’éditions. Tous ceux qui osaient s’y opposer étaient au minimum perçus comme réactionnaires. Les lecteurs se sont détournés de la SF française au profit des traductions anglo-saxonnes. Les conséquences se sont malheureusement fait sentir dans les vingt ans qui ont suivi. Bon nombre d’auteurs jugés trop à droite vont être écarté des publications. Et une génération sacrifiée, qui avait pourtant montré son talent dans les fanzines va-t- être écartée de l’édition professionnelles. Votre défaite est en fait une victoire. La SFFF va pouvoir s’exprimer dans sa grande diversité et ne pas être un enjeu pour un groupe de fans qui souhaite tellement se faire entendre qu’ils ne vont pas voir les dégâts qu’ils vont provoquer. Le pire a donc été évité lors du vote des Hugo.

D’autant plus que vous vous trompez de combat. Moi aussi j’aime la SF pulpy. Mais ce n’est pas un complot de soit disant Social Justice Warriors, mas bien la stratégie marketing de certains éditeurs et  notamment des big 6 qui a conduit à ce que cette SF populaire soit écartée. Ces éditeurs ont en effet mis en avant la fantasy urbaine d’exploitation. Des romans formatés pour la ménagère, dans le but d’améliorer leurs ventes chez Walmart. La fermeture de nombreuses librairies indépendantes n’est pas étrangère à cette décision. Avez vous soutenu ces librairies ? Avez vous aidé de jeunes auteurs à se faire connaître des agents et des maisons d’édition sans esprit partisan ? Avez vous défendu des auteurs auto-publiés pour les aider à se faire connaître du grand public ? La réponse est non. Vous avez préféré instrumentaliser le Hugo pour faire entendre votre voix.

Et à ce jeu vous avez été doublé sur votre droite par Vox Day et ses Rabid Puppies.

Vous aimez la Sf populaire. Dans ce cas créez votre propre prix pour récompenser les meilleurs romans de SF populaire. Et n’oubliez pas dans ce cas que vous n’avez pas le monopole du pulp. On trouve même des auteurs old school parmi ces social justice warriors que vous abhorrez. Montrez que vous être ouvert et prêt à enterrer la hache de guerre et construisez ce prix comme un outil pour défendre la SF populaire, pulpy, old school et pour ce faire travaillez avec des auteurs d’autres opinions au lieu de vous enfermer dans votre pré carré.

je comprend que vous vous inquiétiez pour les auteurs représentant vos idées conservatrices, et surtout que vous vous rendez compte que la relève est faible parmi les auteurs qui partage vos opinions. Votre panique est peut être légitime. Mais elle ne vous permet pas de faire n’importe quoi. N’agissez plus de manière impulsive. Si vous voulez que votre courant conservateur survive, organisez des ateliers d’écriture pour détecter de nouveau talents capables de porter vos idées. Vous avez du talent, mettez le en avant.

Vous avez le droit d’exister et dîtes vous que c’est déjà beaucoup. En France, en rapport avec la situation que je présentais dans le premier paragraphe, les auteurs conservateurs ne sont quasiment pas présents en SF et fantasy. Bien qu’étant moi même progressiste, cela me choque qu’un courant ne puisse pas s’exprimer.

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