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La collection Anticipation

La collection Anticipation du Fleuve Noir occupait une place à part dans le paysage éditorial de la science fiction en France. D’une part c’est la seule collection à ne publier que des auteurs français.

Fleuve Noir est un éditeur populaire qui publie des romans de genre destinés à être diffusé de manière extrêmement large. Diffusant très peu en librairie, l’éditeur s’est attaché à créer un réseau alternatif de distribution pour toucher le public populaire : bars, stations services, épiceries…. Nous sommes dans un équivalent français du pulp. D’ailleurs au Fleuve les romans sont formatés. On demande aux auteurs de fournir autour de 180000 signes.

Les romans de la collection Anticipation suivent cette politique et sont des romans courts qui n’excède pas les 200 pages.

Si les débuts de la collection ne sont pas mémorables, elle va au bout de quelques années se constituer un cheptel d’auteurs qui vont lui rester fidèles : Richard Bessière, Maurice Limat, Max André Rayjean. Ils vont donner le ton de la collection : populaire et résolument pulp. Ils vont être rejoint par d’autres auteurs d’un meilleur niveau littéraire mais qui avaient eux aussi une véritable volonté de produire des œuvre divertissantes : B.R Bruss, Pierre Barbet, Jean et Doris le May, PJ Hérault et surtout Stefan Wul dont les œuvres seront réédités régulièrement. Un auteur fera également parler de lui, faisant presque scandale : Jimmy Guieu. Ufologue notoire, il écrira nombre de romans prenant comme base la mythologie ufologique de l’époque. Mais il sera également capable d’écrire du space opera et même quelques œuvres plus fantastiques.

Les années 70 voit des auteurs plus capés rejoindre l’écurie Anticipation, parfois sous pseudonyme. Ainsi Jean Pierre Andrevon devient Alphonse Brutsche, Pierre Pelot devient Pierre Suragne. Et Julia Verlanger elle est rebaptisée Gilles Thomas. Elle est la première femme à publier seule dans la collection. Mais la SF est considérée à l’époque comme une littérature masculine. Et il est mal vu pour des femmes d’en publier. Cet état de fait durera jusqu’au début des années 80.

Plus tard, avec l’arrivée d’un nouveau directeur de collection, Patrick Siry, celle ci va accueillir des auteurs déjà connu dans le milieu de la SF plus ambitieuse comme Michel Jeury, Serge Brussolo ou Daniel Walther. Mais de nouveaux auteurs maison vont aussi commencer à publier dont les deux plus connus sont G.J Arnaud et Gabriel Jan. Le premier est l’auteurs d’une immense série fleuve, la Compagnie des Glaces, univers post apocalyptique glaciaire où les hommes vivent dans des trains gérés par des compagnies qui n’ont rien à envier aux corporations du cyberpunk. Arnaud introduit aussi énormément de thème écologique dans ses romans. Gabriel Jan quant à lui va être le premier à publier de la fantasy dans la collection.

Patrick Siry va continuer son travail de défricheur et ramener de nouveaux auteurs au début de la décennie 80 : Michel Pagel, Roland C Wagner, Michel Honnaker, Hugues Douriaux, entre autre.

A la fin des années 80, nouvelle directrice de collection. Nicole Hibert va rompre avec nombre d’anciens auteurs maison pour amorcer un renouveau. Ce renouveau va amener en pleine lumière nombre d’auteurs majeurs de la décennie 90. Ainsi c’est grâce au travail de Nicole Hibert que son révélés Laurent Genefort, Ayerdahl, Serge Lehman ( qui à l’époque signe Don Hérial ou Karel Dekk).

En 1992 Nicole Hibert va céder sa place à Philippe Hupp. Ce dernier va encore changer les règles et mettre fin à la publication de romans à épisodes (l’un des effets collatéraux du formatage dont je parlais au début). Un certain nombre d’auteurs vont quitter la collection. On va voir  arriver quelques nouveaux comme Alain Le Bussy. Philippe Hupp a l’idée de diviser la collection en sous collection : Space pour le space opera, Metal pour le cyberpunk et le steampunk ou Legend pour la fantasy. La collection finira par s’arrêter en 1996 victime de son manque d’évolution et surtout des mutations de la distribution, les lecteurs achetant de plus en plus en supermarchés et moins en maisons de la presse.

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